Une stratégie digitale réussie, c’est quand on fait x10 !

@Yann Gourvennec
17 avril 2019

4 clés de succès pour une stratégie digitale réussie et 5 erreurs à éviter dans sa transformation digitale

Par Yahya El Mir, co-fondateur et CEO de iRevolution

En matière de transformation digitale, il faut être révolutionnaire et savoir penser grand. X10 est la règle de base du succès, comme l’a expliqué Grant Cardone, dans un livre éponyme. Pour réussir il faut penser 10 fois plus grand, se fixer des objectifs ambitieux et aussi se donner dix fois les moyens de réussir. Viser petit ne peut que vous amener à réaliser petit.

C’est cela la vraie transformation digitale. Laissez-moi vous expliquer ma vision.

"Une stratégie digitale réussie c'est quand on fait X10" Yahya El Mir
« Une stratégie digitale réussie c’est quand on fait X10 » Yahya El Mir
La transformation est une rupture, la plus grosse erreur est donc de vouloir « faire comme d’habitude »Cliquez pour Tweeter

stratégie digitale réussieA une époque où la transformation digitale est sur toutes les lèvres, il n’est pas un discours stratégique qui ne mentionne, à juste titre, l’importance cruciale du digital dans son apport pour le business. Le digital sert à vendre, à étendre l’entreprise, à mieux réserver, à parler à ses clients… En un mot comme en cent, à mieux faire du business.

C’est un outil qui permet de faire X10 sur vos résultats. Si ce n’est X100 ou X1000. Sans cela vous n’aurez fait que « digitaliser » (en français on dirait moderniser), c’est à dire, au mieux, automatiser des processus existants, et au pire mettre de la technologie là où elle n’apporte rien, uniquement pour coller à la mode.

Quelles sont selon moi les caractéristiques principales d’une stratégie digitale véritablement réussie ?

Caractéristique n°1 : Les bonnes approches sont fondées sur la culture du résultat.

C’est le résultat à moyen et long terme qui permet de déterminer si une stratégie est bonne. Si on a cette « obsession du résultat », alors on s’obligera à faire de sa stratégie un succès. On met en œuvre une stratégie digitale dans le but d’obtenir des résultats business, c’est-à-dire des résultats concrets et tangibles pour l’entreprise : financiers, commerciaux, mais aussi au sens plus large des bénéfices en termes d’image, des résultats en termes d’innovation. L’amélioration doit vraiment être mesurable et remarquable.

Le digital est un outil qui permet de faire X10 sur vos résultats. Si ce n’est X100 ou X1000Cliquez pour Tweeter

Caractéristique n° 2 : Une stratégie digitale est réussie quand elle est bien exécutée et qu’elle donne le résultat escompté.

Les résultats doivent se voir dans la réalité même du terrain. Et ces résultats ne sont pas des déclarations d’intention. Ils se mesurent, ils se comparent, ils se suivent à la trace, ils se benchmarkent. Souvent, les entreprises pensent davantage à la stratégie en elle-même qu’à son application. Certes, concevoir une belle stratégie digitale est un véritable challenge, mais il faut avant tout penser à sa pertinence et à son efficience. La stratégie digitale doit vraiment servir l’entreprise. Celle-ci doit pouvoir en tirer profit, en sortir plus forte. Cela doit lui permettre d’anticiper les mutations, de saisir de nouvelles opportunités. Il ne peut s’agir de changements à la marge.

Caractéristique n°3 : Une stratégie digitale solide intègre également vitesse et qualité d’exécution.

Un de nos clients, acteur du secteur alimentaire, avait décidé d’investir considérablement dans sa stratégie digitale. Sa crainte était que la stratégie soit bonne mais pas suffisamment déployée dans les marchés, comme cela était déjà arrivé auparavant. Avec notre accompagnement et notre plateforme, nous avons pu aligner tous les pays sur cette stratégie en quelques mois. C’est cette vitesse d’exécution qui permet de créer le mouvement, de mobiliser les troupes et surtout de surclasser la concurrence.

La révolution digitale est à l'innovation ce qu'a été la révolution de l'imprimerie pour la connaissance.Cliquez pour Tweeter

Caractéristique n°4 : Enfin, une stratégie pertinente implique forcément de la créativité et de l’innovation.

La révolution digitale est à l’innovation ce qu’a été la révolution de l’imprimerie pour la connaissance : un accélérateur formidable d’innovations. Ceux qui réussissent dans ce nouveau monde ne sont pas les plus gros, mais les plus rapides et les plus innovants. Quand il n’y a pas suffisamment d’innovations, ou si les innovations ne créent pas suffisamment de valeur, c’est que la stratégie n’est pas bonne.

Ces points cruciaux étant posés, quels sont à mon avis les écueils que nous avons le plus rencontré sur le terrain ?

Écueil n°1 : La transformation est une rupture, la plus grosse erreur est donc de vouloir « faire comme d’habitude »

Trop peu d’entreprises sortent des sentiers battus : elles espèrent un résultat différent, mais continuent à appliquer les mêmes recettes. Croyant avoir initié une vraie stratégie de transformation digitale, elles conservent les mêmes habitudes, les mêmes réflexes, la même façon de prendre les décisions, en les appliquant à des contextes nouveaux qui nécessiteraient pourtant une adaptation et une autre façon de faire.

Or, pour obtenir des résultats nouveaux, il faut utiliser des méthodes nouvelles. Par exemple, l’un de nos clients avait lancé, il y a quelques années, une place de marché. Il avait choisi pour sa réalisation un leader historique du marché. Mais après 2 ans, 3 millions d’euros investis et 20 personnes sur le projet, sa « Marketplace » n’était toujours pas opérationnelle.

Nous avons donc repris le projet, et avons rendu sa Marketplace opérationnelle pour à peine 300 K€, en moins de 6 mois et avec une équipe de 6 personnes. Le client a enfin pu tester son nouveau business model. Il arrive aussi que nos clients nous imposent une manière de travailler, pour respecter leurs standards internes, ce qui est contraire à l’intérêt du business et à son succès.

A l’inverse, j’ai connu un industriel qui désirait accélérer son Go to Market afin de pouvoir servir ses clients plus rapidement. En même temps qu’il désirait une accélération, il imposait de travailler avec l’informatique interne qui, par sa lourdeur, contribuait en grande partie au problème. Ceci n’eut pour conséquence que de freiner le projet au quotidien. À résultat radical, il faut faire correspondre des méthodes de travail non moins radicales.

Écueil n°2 : La transformation digitale est stratégique, la mettre en priorité 2 ou 3 est une erreur fatale.

Au sein de l’entreprise, tous se réclament acteurs d’une transformation digitale qu’on place au cœur de la stratégie. Mais la réalité est que, au quotidien, les affaires courantes passent souvent au premier plan.

Du coup, les projets de moyen et long terme qui ont pour vocation de créer de la valeur pour les entreprises ne bénéficient pas de la qualité d’exécution qu’ils mériteraient. De même, on voit encore trop d’organisations où les idées fusent en tous sens sans cadre dédié.

Là encore il faut apporter de la radicalité dans votre vision. Si la transformation digitale est stratégique, elle doit être la priorité n°1 à l’exclusion de toutes vos autres tâches.

 

Écueil n°3 : Perdre de vue le sens de vos initiatives serait une erreur fatale.

Tout le monde connaît Start With Why, la fameuse vidéo de Simon Sinek. Pourtant bien peu sont ceux qui appliquent ses principes. Il est fondamental de savoir et de se rappeler pourquoi on lance des initiatives d’innovation digitale.

Cela peut paraître évident et pourtant cet écueil est sans doute le plus fréquent. Pourquoi telle initiative m’amènera – ou mon entreprise – à faire X10 ? Est-elle cruciale ? Prioritaire ? Fondamentale ? Mes clients/partenaires/salariés en seront-ils les premiers bénéficiaires ? Ces initiatives doivent-elles se concrétiser vite et apporter un réel changement ? Ou sont-elles cantonnées à de simples optimisations de l’existant ?

En ne répondant pas à ces questions essentielles sur le sens de l’innovation digitale, vous perdrez le sens, et toutes ces belles innovations deviendront vite un centre de coût plus qu’un vecteur de résultats.

Si la technologie est un formidable outil, elle n’est jamais une fin en soiCliquez pour Tweeter

Écueil n°4 : ignorer que l’échec fait partie intégrante d’un processus d’innovation est la meilleure façon de tout rater.

Quand il s’agit d’innover, faire des erreurs est inévitable. Comme l’explique Scott Berkun dans The Myths of Innovation, personne ne connaît l’histoire de l’innovation. Les histoires les plus farfelues circulent et les mythologies de l’innovation sont légion. Nous avons été bercés par ces légendes d’épiphanies où un inventeur se frappe le front au fond d’une baignoire ou conçoit une théorie révolutionnaire en recevant une pomme sur la tête. Elles sont fausses et ridicules. Archimède a passé des années de recherches avant de trouver sa loi et Newton est sans doute passé sous un pommier pour y manger son fruit mais sans doute pas pour y rédiger des équations. L’innovation ne fonctionne pas comme cela. Elle s’inscrit dans la durée. Elle nécessite un énorme travail. X10 est la règle, là aussi. Mais loin de tenter de vous décourager, j’aimerais au contraire insister sur ce passage obligé pour souligner une opportunité : vous pouvez tirer profit de vos erreurs pour vous améliorer, et c’est même la meilleure méthode pour progresser. L’échec est un investissement formidable, à condition de savoir en tirer les enseignements.

Écueil n°5 : Dernier écueil et non des moindres, il ne faut pas confondre moyens et finalité.

Si la technologie est un formidable outil, elle n’est jamais une fin en soi. Maîtriser la technologie donne, parfois, un avantage stratégique. Ce n’est que son usage final qui en fournira le véritable impact. Or les entreprises que je rencontre restent encore trop focalisées sur les moyens. La révolution digitale se fait au travers des usages et les utilisateurs l’ont bien compris : ils sont devenus les acteurs de cette révolution. Quand Steve Jobs a lancé l’iPhone, il n’a pas cherché à concevoir le téléphone le plus riche techniquement mais le plus facile à utiliser et le plus smart pour les utilisateurs finaux. Les sociétés qui ont compris cette différence trônent en tête des capitalisations boursières.

En conclusion, quels sont les critères de la réussite commerciale concrète, ce qui fait que la transformation digitale est véritablement un succès ?

Une transformation digitale est un vrai succès quand elle permet à l’entreprise de changer la donne, d’en tirer un avantage significatif et durable ou de se protéger d’une menace importante.

La transformation digitale est avant tout une transformation avant d’être digitale. Or, transformer signifie vraiment « faire les choses autrement », c’est pourquoi la création et l’innovation doivent être au cœur de cette révolution. On peut donc considérer qu’on a réussi quand on a véritablement créé et innové.

Une vraie transformation digitale c’est quand l’entreprise fait X10 sur son business, quand elle passe à l’étape supérieure, qu’elle a changé son business model, qu’elle a conquis de nouveaux marchés. La technologie qu’elle a mis en place pour arriver à ce résultat n’est qu’un moyen. Perdez ces quelques principes de vue, et vous serez sûr de rentrer au musée des horreurs de la transformation digitale.

2 réponses sur “Une stratégie digitale réussie, c’est quand on fait x10 !”

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