Comment l’IA peut répondre aux besoins des propriétaires d’animaux de compagnie

@Xavier De Mazenod
3 octobre 2019

Comment l’IA peut répondre aux besoins des propriétaires d’animaux de compagnie 

Le nombre d’animaux de compagnie ne cesse d’augmenter. Près de 65 millions d’animaux vivent en France dans un foyer sur deux, ce qui représentait en 2016 un marché de près de 5 Md€. Et, dans un contexte de plus en plus sensible au bien-être animal, la santé est une préoccupation forte pour les propriétaires de ces animaux de compagnie.

Un marché en fort développement qui s’explique facilement pour Yahya El Mir, dirigeant de la société iRevolution : « C’est un segment en très forte croissance et extrêmement dynamique. Par exemple Nestlé a réalisé l’an dernier de bons résultats pour la première fois depuis longtemps grâce à ce marché (voir le Rapport d’activité 2018 – PDF). Ils ont retrouvé le chemin de la croissance et c’est grâce aux animaux de compagnie. On dépense de plus en plus pour nos animaux et nous sommes de plus en plus nombreux à dépenser avec de nouvelles habitudes aussi ».

Surtout que la santé animale bénéficie des mêmes progrès que la santé humaine avec des développements très rapides. Notamment parce qu’il est plus facile de réaliser des tests pour mettre un produit sur le marché, car il existe moins de contraintes réglementaires pour les animaux que pour les hommes.

Quand l’IA facilite le travail des vétérinaires

Ces innovations touchent tous les aspects du parcours de santé de l’animal, mais aussi ceux de l’activité vétérinaire ou du service aux propriétaires d’animaux. Depuis l’assistance au diagnostic jusqu’à la médecine prédictive ou la prévention santé. En passant par toute une gamme de services comme le soutien à la lecture de radiographie avec une intelligence artificielle ainsi que le propose la société PicoxIA.

La société Digivet, spécialisée dans les services aux cliniques vétérinaires, va ainsi très prochainement mettre sur le marché plusieurs projets. Un logiciel pour gérer sa clinique et un autre pour faciliter la relation vétérinaire-clients. Mais surtout elle va lancer une plateforme dédiée au coaching des propriétaires d’animaux de compagnie. Cette solution innovante est fondée sur des algorithmes d’intelligence artificielle qui permettent de proposer au propriétaire un accompagnement original et personnalisé.

L’intelligence artificielle au service de l’expertise du vétérinaire et de sa relation client

herdingcats.fr - Objets connectés pour animal
herdingcats.fr – Objets connectés pour animal

Car, comme l’explique Yahya El Mir, la personnalisation est la clé de la qualité de service. Et elle est assurée grâce à la puissance de l’intelligence artificielle : « Aujourd’hui la santé traditionnelle n’est pas centrée sur le patient, mais sur les actes médicaux. Dans le domaine des animaux de compagnie, c’est la même chose : l’acte médical y est centré sur le produit, éventuellement sur le vétérinaire, mais il n’est pas centré sur le possesseur d’animal. L’un des changements forts que peut apporter l’intelligence artificielle c’est l’orchestration des différentes ressources disponibles, produits, conseils ou expertise, pour qu’elles répondent à mon problème. Car ce qui intéresse avant tout le client ou patient, c’est de trouver une solution globale qui réponde à son problème ».

En amont du parcours de santé de l’animal de compagnie se développent de nombreuses solutions pour capter les données massives (alias « big data ») qui seront ensuite exploitées par l’intelligence artificielle. Par exemple des colliers connectés comme celui de la société française Herding cats qui collecte en temps réel des informations sur l’activité du chat. Elles permettront de détecter des changements de comportement, bien avant que les propriétaires ne les détectent et ne les rapportent aux vétérinaires, d’effectuer un dépistage précoce et systématique des changements de comportements annonciateurs de la survenue des maladies.

Personnaliser les services grâce à l’intelligence artificielle

Grâce aux progrès de l’intelligence artificielle, on peut aborder des problématiques générales comme l’obésité, qui touche beaucoup d’animaux. En fonction de la consommation de l’animal, de ses habitudes, de son profil, je peux prévoir s’il risque ou pas d’avoir cette maladie-là et anticiper avec un programme progressif qui permette d’améliorer sa santé.

Cette médecine préventive n’est plus de la science-fiction. Une jeune startup toulousaine, Catspad, permet de réguler et de suivre l’alimentation de son (et même ses) chat(s).

« Si votre chien est fatigué depuis un certain nombre de semaines, raconte Stéphane Suisse, cofondateur de la société Star5.ai, et s’il montre une perte d’appétit, vous irez consulter chez votre vétérinaire habituel. Vous entrez alors dans le cabinet et là, vous découvrez un dispositif que vous ne voyez pas forcément, une caméra qui observe le comportement du chien. Le système va ensuite identifier la race du chien et rechercher dans sa base de connaissances les problèmes qu’il pourrait avoir. Il s’agit déjà d’un prédiagnostic et si on pousse la logique un peu plus loin, peut-être que ce chien-là est déjà venu plusieurs fois et que le système peut reconnaître son historique individuel ».

Tout le travail du vétérinaire peut ainsi être assisté par la technologie et, en particulier, par des systèmes à base d’intelligence artificielle.

Impact de l’intelligence artificielle sur le métier de vétérinaire

Au cours de son travail, on peut aussi envisager que le vétérinaire interroge un assistant vocal situé dans la pièce qui enregistre la conversation et la transcrit. Il n’a plus de saisie à faire, tout est fait automatiquement. Ensuite une autre IA va pouvoir suggérer, si nécessaire, de faire d’autres tests sur la base de toutes les informations stockées. Le vétérinaire pourra proposer, éventuellement, de réaliser un test ADN du fait de l’absence de diagnostic vraiment tranchant et va peut-être aussi recommander une alimentation adaptée au profil du chien.

Un parcours de santé piloté par des intelligences artificielles

Imaginons ensuite que le propriétaire de l’animal rentre chez lui et se connecte à la même plateforme que celle du vétérinaire. Il pourra commander le test ADN prescrit par le praticien et se verra proposer une recommandation pour l’alimentation. La plateforme passera alors commande chez son fournisseur préféré, ou parmi les fournisseurs référencés. Ensuite, la plateforme personnalisée pour son chien, va pouvoir suggérer un programme, une activité physique ou alimentaire, un suivi vétérinaire.

« Cette plateforme existe, explique Stéphane Suisse, elle s’appelle Moonkee et elle est incubée au sein d’iRevolution. C’est une plateforme qui joue le rôle de hub et par laquelle peuvent transiter des données, mais surtout au travers de laquelle les experts viennent proposer leurs services. La force de cette plateforme c’est de proposer quelque chose d’individualisé ».


Stéphane Suisse, co-fondateur et CEO de Star5.ai 

Pour Stéphane Suisse, les industriels de la filière doivent prendre le virage de l’intelligence artificielle comme certains pionniers l’ont déjà fait :

« Les fabricants de croquettes, comme Royal Canin, sont très orientés consommateurs. Ils ont déjà compris qu’il fallait pouvoir modifier leurs chaînes de production très rapidement et surtout des chaînes de production dédiées à produire une croquette individualisée. Cette chaîne est déjà en service et donc les fabricants sont capables de venir injecter le bon dosage vraiment adaptée à un traitement personnalisé. On sort de la gamme standard de la nourriture animale. Il n’y a rien d’utopique dans tout cela. Le dispositif existe déjà, il n’y a plus qu’à le transposer à grande échelle ».


Découvrez également sur ce sujet : Comment l’IA va révolutionner le secteur de la santé animale


L’avis de l’expert : Yahya El Mir

Co-founder & CEO chez TheAugmentedCompany.ai (iRevolutionZiwigStar5.aiDeep Labs)

 

 

 

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